Et pourtant, ça ne colle pas à certains de mes souvenirs. Ai-je vraiment souris ces derniers temps? Ne me suis-je pas laissée prendre par un train train quotidien enlisant? Me suis-je pas trop plainte? N'ai-je pas trop affichée une moue dépitée?
Qu'importe. Le passé est le passé. Le renier serait une grave erreur, passer outre une autre.
Sourire. C'est pas facile. Ca vient parfois automatiquement. Frapper à la porte de la voisine => sourire. Arriver au cours de kendo, avec Raymond m'accueillant les bras ouverts => sourire. Etre en présentation clientèle => sourire.
Aller au boulot tous les matins => sourire? Passer voir Marianne ou Alex => sourire? Rentrer chez soir le soir => sourire? Passez à la caisse => sourire?
Non pas que je veuille devenir une crispée des zygomates. Mais je me rappelle de quelques mois bénis de 2ème année INHienne où le sourire me semblait bien plus présent que ça.
Une amie m'a récemment rappelé mes propres paroles oubliées : "Le bonheur ça nous tombe pas dessus, faut bien le chercher". J'ai peut-être d'ailleurs écrit quelque chose là-dessus au tout début de ce blog.
Aujourd'hui je pense toujours la même chose. Le bonheur se cherche et se trouve. Et lorsqu'on la trouvé, le bonheur s'entretien. C'est comme les lauriers de César : si on se repose dessus, ils finissent séchés, écrasés, pourris. Le bonheur, si on se dit "ça y est, c'est bon, je le tiens! Maintenant y'a plus qu'à être pépère", il finit par se noyer dans la flemme quotidienne. Par se faire dévorer par le rythme boulot-métro-dodo.
Flemme d'organiser un we.
Flemme de bouger ce soir.
Flemme de faire quelque chose de mes mains.
Flemme d'innover.
Flemme d'écrire.
Flemme de téléphoner.
Flemme de cuisiner.
Et en plus, c'est facile de trouver des arguments contre! Pas la place, pas les sous, pas les bonnes chaussures, pas assez d'essence... je suis devenue assez pro là-dedans.
Aujourd'hui j'ai envie de bouger. De m'ébrouer. De sortir de ma torpeur. D'arrêter d'appréhender la solitude, d'autant plus que cette solitude n'est pas réelle. J'ai des amis, j'ai de la famille, et avec les moyens de communication actuels, ils sont plus proches que jamais.
Je peux bien suporter quelques heures par jour d'être seule! (surtout dans un 50m²).
Mon prochain combat : apprécier d'être seule. Physiquement seule, dans un appartement, sur le long terme.
Un challenge de plus! Moi qui aime ça, et qui suis ce soir toute contente et fière d'avoir présenté devant une centaine de personnel Carrefour une partie de notre grosse étude, le Référenseigne Expert. Ca m'a mis la patate, d'autant plus que j'ai pu apprécier dans les nombreux miroirs pleins pieds chez Carrefour la beauté de mon nouveau tailleur... et de moi dedans!
Bref, apprécier d'être seule, c'est apprécier ma vie actuelle comme elle est, c'est trouver ces petites choses qui éclairent la journée, même si ce ne sont pas des baisers furtifs, des mains carressantes ou des regards langoureux.
Et s'il y a une chose qui peut éclairer ma journée, et par la même occasion celle de ceux qui me cotoient, c'est bien le sourire.
Vous avez pas remarqué, que même tout seul, ça fait du bien de sourire? Essayez devant une glace chez vous. Vous allez peut-être vous trouver affreux au début, grimaçant... puis vous éclaterez de rire et ça vous fera du bien!
Alors... j'ai pas raison?

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